Category Archives: blogue

Profils et web social

J’écrivais ce message à un ami, à propos de mon expérience sur le site xkcd.com.

 

What? Oh, no, the 'Enchanted' soundtrack was just playing because Pandora's algorithms are terrible. [silence] ... (quietly) That's how you knooooooow ...
BD de xkcd
C’est sur xkcd, mais ça pourrait être ailleurs. C’est rien de très spécial, mais ça me donne à penser à ce qu’est le vrai web social, en ce moment. Surtout si on sort de la niche geek.

Donc…

  • Je vois le dernier xkcd.
  • Ça me fait réagir.
  • Je veux répondre.
  • Je sais qu’il y a des forums pour accompagner ces bande dessinées.
  • Je vais sur le forum lié à celui-ci (déjà quelques clics et il fallait que je connaisse l’existence de tout ça).
  • J’appuie sur Post Reply
  • Ça me demande de m’identifier.
  • Comme je crois avoir déjà envoyé quelque-chose là, je me branche avec mon username habituel.
  • Ah, mauvais mdp.
  • Je fais “forget pw”.
  • Oups! J’avais pas de compte avec mon adresse gmail (faut que ça soit la bonne combinaison donc, si je me rappelle pas de mon username, ça marche pas).
  • Je me crée un nouveau profil.
  • Le captcha est illisible, ça me prend plusieurs tentatives.
  • Faut que j’aille sur mon compte gmail activer mon compte sur les forums xkcd.
  • Une fois que c’est fait, je me retrouve à la page d’accueil des forums (pas à la page où j’essaie d’envoyer ma réponse).
  • Je retrouve la page que je voulais.
  • J’appuie sur Post Reply.
  • J’écris ma réponse et je l’envoie.
  • Évidemment, mon profil est vierge.
  • Je vais modifier ça.
  • Ça commence par mon numéro ICQ?? Eh bé!
  • Plus bas, je vois des champs pour Website et Interests. Je remplis ça rapidement, en pensant au plus générique.
  • Il y a aussi ma date de fête. Pas moyen de contrôler qui la voit, etc. Je l’ajoute pas.
  • J’enregistre les autres modifications.
  • Et j’essaie de changer mon avatar.
  • Il y a pas de bouton pour uploader.
  • Ça passe par une Gallery, mais il y a rien dedans.
  • Je laisse tomber, même si je sais bien que les geeks de xkcd sont du genre à rire de toi si t’as un profil générique.
  • Je quitte le site un peu frustré, sans vraiment avoir l’impression que je vais pouvoir commencer une conversation là-dessus.

Deuxième scénario.

J’arrive sur un site qui supporte Disqus (par exemple Mashable).

  • Je peux envoyer un commentaire en tant que guest.

You are commenting as a Guest. Optional: Login below.

Donc, si je veux seulement laisser un commentaire anonyme, c’est tout ce que j’ai à faire. «Merci, bonsoir!»

Même sans me brancher, je peux faire des choses avec les commentaires déjà présents (Like, Reply).

Mais je peux aussi me brancher avec mes profils Disqus, Facebook (avec Facebook Connect), ou Twitter (avec OAuth). Dans chaque cas, si je suis déjà branché sur ce compte dans mon browser, j’ai juste à cliquer pour autoriser l’accès. Même si je suis pas déjà branché, je peux m’identifier directement sur chaque site.

Après l’identification, je reviens tout de suite à la page où j’étais. Mon avatar s’affiche mais je peux le changer. Je peux aussi changer mon username, mais il est déjà inscrit. Mon avatar et mon nom sont liés à un profil assez complet, qui inclut mes derniers commentaires sur des sites qui supportent Disqus.

Sur le site où je commente, il y a une petite boîte avec un résumé de mon profil qui inclut un décompte des commentaires, le nombre de commentaires que j’ai indiqué comme “likes” et des points que j’ai acquis.

Je peux envoyer mon commentaire sur Twitter et sur Facebook en même temps. Je peux décider de recevoir des notices par courriel ou de m’abonner au RSS. Je vois tout de suite quel compte j’utilise (Post as…) et je peux changer de compte si je veux (personnel et pro, par exemple). Une fois que j’envoie mon commentaire, les autres visiteurs du site peuvent voir plus d’infos sur moi en passant avec la souris au-dessus de mon avatar et ils peuvent cliquer et avoir un dialogue modal avec un résumé de mon compte. Ce résumé mène évidemment sur le profil complet. Depuis le profil complet, les gens peuvent suivre mes commentaires ou explorer divers aspects de ma vie en-ligne.

Suite à mon commentaire, les gens peuvent aussi me répondre directement, de façon anonyme ou identifiée.

J’ai donc un profil riche en deux clics, avec beaucoup de flexibilité. Il y a donc un contexte personnel à mon commentaire.

L’aspect social est intéressant. Mon commentaire est identifié par mon profil et je suis identifié par mes commentaires. D’ailleurs, la plupart des avatars sur Mashable sont des vraies photos (ou des avatars génériques) alors que sur le forum xkcd, c’est surtout des avatars «conceptuels».

Ce que xkcd propose est plus proche du “in-group”. Les initiés ont déjà leurs comptes. Ils sont “in the know”. Ils ont certaines habitudes. Leurs signatures sont reconnaissables. L’auteur de la bd connaît probablement leurs profils de ses «vrais fans». Ces gens peuvent citer à peu près tout ce qui a été envoyé sur le site. D’ailleurs, ils comprennent toutes les blagues de la bd, ils ont les références nécessaires pour savoir de quoi l’auteur parle, que ça soit de mathématiques ou de science-fiction. Ils sont les premiers à envoyer des commentaires parce qu’ils savent à quel moment une nouvelle bd est envoyée. En fait, aller regarder une bd xkcd, ça fait partie de leur routine. Ils sont morts de rire à l’idée que certains ne savent pas encore que les vraies blagues xkcd sont dans les alt-text. Ils se font des inside-jokes en tout genre et se connaissent entre eux.

En ce sens, ils forment une «communauté». C’est un groupe ouvert mais il y a plusieurs processus d’exclusion qui sont en action à tout moment. Pour être accepté dans ce genre de groupe, faut faire sa place.

 

Les sites qui utilisent Disqus ont une toute autre structure. N’importe qui peut commenter n’importe quoi, même de façon anonyme. Ceux qui ne sont pas anonymes utilisent un profil consolidé, qui dit «voici ma persona de web social» (s’ils en ont plusieurs, ils présentent le masque qu’ils veulent présenter). En envoyant un commentaire sur Mashable, par exemple, ils ne s’impliquent pas vraiment. Ils construisent surtout leurs identités, regroupent leurs idées sur divers sujets. Ça se rapproche malgré tout de la notion de self-branding qui préoccupe tant des gens comme Isabelle Lopez, même si les réactions sont fortes contre l’idée de “branding”, dans la sphère du web social montréalaisn (la YulMob). Les conversations entre utilisateurs peuvent avoir lieu à travers divers sites. «Ah oui, je me rappelle d’elle sur tel autre blogue, je la suis déjà sur Twitter…». Il n’y a pas d’allégeance spécifique au site.

Bien sûr, il peut bien y avoir des initiées sur un site particulier. Surtout si les gens commencent à se connaître et qu’ils répondent aux commentaires de l’un et de l’autre. En fait, il peut même y avoir une petite «cabale» qui décide de prendre possession des commentaires sur certains sites. Mais, contrairement à xkcd (ou 4chan!), ça se passe en plein jour, mis en évidence. C’est plus “mainstream”.

Ok, je divague peut-être un peu. Mais ça me remet dans le bain, avant de faire mes présentations Yul– et IdentityCamp.

Microblogue d'événement

Version éditée d’un message que je viens d’envoyer à mon ami Martin Lessard.

Le contexte direct, c’est une discussion que nous avons eue au sujet de mon utilisation de Twitter, la principale plateforme de microblogue. Pendant un événement quelconque (conférence, réunion, etc.), j’utilise Twitter pour faire du blogue en temps réel, du liveblogue.

Contrairement à certains, je pense que l’utilisation du microblogue peut être adaptée aux besoins de chaque utilisateur. D’ailleurs, c’est un aspect de la technologie que je trouve admirable: la possibilité d’utiliser des outils pour d’autres usages que ceux pour lesquels ils ont été conçus. C’est là que la technologie au sens propre dépasse l’outil. Dans mon cours de culture matérielle, j’appelle ça “unintended uses”, concept tout simple qui a beaucoup d’implications en rapport aux liens sociaux dans la chaîne qui va de la conception et de la construction d’un outil jusqu’à son utilisation et son «impact» social.

Donc, mon message édité.
Je pense pas mal à cette question de tweets («messages» sur Twitter) considérés comme intempestifs. Alors je lance quelques idées.

Ça m’apporte pas mal, de bloguer en temps réel par l’entremise de Twitter. Vraiment, je vois ça comme prendre des notes en public. Faut dire que la prise de notes est une seconde nature, pour moi. C’est comme ça que je structure ma pensée. Surtout avec des “outliners” mais ça marche aussi en linéaire.

De ce côté, je fais un peu comme ces journalistes sur Twitter qui utilisent le microblogue comme carnet de notes. Andy Carvin est mon exemple préféré. Il tweete plus vite que moi et ses tweets sont aussi utiles qu’un article de journal. Ma démarche est plus proche de la «lecture active» et du sens critique, mais c’est un peu la même idée. Dans mon cas, ça me permet même de remplacer un billet de blogue par une série de tweets.

L’avantage de la prise de notes en temps réel s’est dévoilé entre autres lors d’une présentation de Johannes Fabian, anthropologue émérite qui était à Montréal pendant une semaine bien remplie, le mois dernier. Je livebloguais sa première présentation, sur Twitter. En face de moi, il y avait deux anthropologues de Concordia (Maximilian Forte et Owen Wiltshire) que je connais entre autres comme blogueurs. Les deux prenaient des notes et l’un d’entre eux enregistrait la séance. Dans mes tweets, j’ai essayé de ne pas trop résumer ce que Fabian disait mais je prenais des notes sur mes propres réactions, je faisais part de mes observations de l’auditoire et je réfléchissais à des implications des idées énoncées. Après la présentation, Maximilian me demandait si j’allais bloguer là-dessus. J’ai pu lui dire en toute franchise que c’était déjà fait. Et Owen, un de mes anciens étudiants qui travaille maintenant sur la publication académique et le blogue, a maintenant accès à mes notes complètes, avec “timeline”.
Puissante méthode de prise de notes!

L’avantage de l’aspect public c’est premièrement que je peux avoir des «commentaires» en temps réel. J’en ai pas autant que j’aimerais, mais ça reste ce que je cherche, les commentaires. Le microbloguage me donne plus de commentaires que mon blogue principal, ici même sur WordPress. Facebook me donne plus de commentaires que l’un ou l’autre, mais c’est une autre histoire.

Dans certains cas, le livebloguage donne lieu à une véritable conversation parallèle. Mon exemple préféré, c’est probablement cette interaction que j’ai eue avec John Milles à la fin de la session d’Isabelle Lopez, lors de PodCamp Montréal (#pcmtl08). On parlait de culture d’Internet et je proposais qu’il y avait «une» culture d’Internet (comme on peut dire qu’il y a «une» culture chrétienne, disons). Milles, qui ne me savait pas anthropologue, me fait alors un tweet à propos de la notion classique de culture pour les anthropologues (monolithique, spécifiée dans l’espace, intemporelle…). J’ai alors pu le diriger vers la «crise de la représentation» en anthropologie depuis 1986 avec Writing Culture de Clifford et Marcus. Il m’a par la suite envoyé des références de la littérature juridique.

Bien sûr, c’est l’idée du “backchannel” appliqué au ‘Net. Ça fonctionne de façon très efficace pour des événements comme SXSW et BarCamp puisque tout le monde tweete en même temps. Mais ça peut fonctionner pour d’autres événements, si la pratique devient plus commune.

More on this later.”

Je crois que le bloguage en temps réel lors d’événements augmente la visibilité de l’événement lui-même. Ça marcherait mieux si je mettais des “hashtags” à chaque tweet. (Les “hashtags” sont des étiquettes textuelles précédées de la notation ‘#’, qui permettent d’identifier des «messages»). Le problème, c’est que c’est pas vraiment pratique de taper des hashtags continuellement, du moins sur un iPod touch. De toutes façons, ce type de redondance semble peu utile.

More on this later.”

Évidemment, le fait de microbloguer autant augmente un peu ma propre visibilité. Ces temps-ci, je commence à penser à des façons de me «vendre». C’est un peu difficile pour moi parce que j’ai pas l’habitude de me vendre et que je vois l’humilité comme une vertu. Mais ça semble nécessaire et je me cherche des moyens de me vendre tout en restant moi-même. Twitter me permet de me mettre en valeur dans un contexte qui rend cette pratique tout à fait appropriée (selon moi).

D’ailleurs, j’ai commencé à utiliser Twitter comme méthode de réseautage, pendant que j’étais à Austin. C’était quelques jours avant SXSW et je voulais me faire connaître localement. D’ailleurs, je conserve certaines choses de cette époque, y compris des contacts sur Twitter.

Ma méthode était toute simple: je me suis mis à «suivre» tous ceux qui suivaient @BarCampAustin. Ça faisait un bon paquet et ça me permettait de voir ce qui se passait. D’ailleurs, ça m’a permis d’aller observer des événements organisés par du monde de SXSW comme Gary Vaynerchuk et Scott Beale. Pour un ethnographe, y’a rien comme voir Kevin Rose avec son «entourage» ou d’apprendre que Dr. Tiki est d’origine lavalloise. 😉

Dans les “features” du microbloguage que je trouve particulièrement intéressantes, il y a les notations en ‘@’ et en ‘#’. Ni l’une, ni l’autre n’est si pratique sur un iPod touch, du moins avec les applis qu’on a. Mais le concept de base est très intéressant. Le ‘@’ est un peu l’équivalent du ping ou trackback, pouvant servir à attirer l’attention de quelqu’un d’autre (cette notation permet les réponses directes à des messages). C’est assez puissant comme principe et ça aide beaucoup dans le livebloguage (Muriel Ide et Martin Lessard ont utilisé cette méthode pour me contacter pendant WebCom/-Camp).

More on this later.”

D’après moi, avec des geeks, cette pratique du microblogue d’événement s’intensifie. Il prend même une place prépondérante, donnant au microblogue ce statut que les journalistes ont tant de difficulté à saisir. Lorsqu’il se passe quelque-chose, le microblogue est là pour couvrir l’événement.

Ce qui m’amène à ce “later“. Tout simple, dans le fond. Des instances de microblogues pour des événements. Surtout pour des événements préparés à l’avance, mais ça peut être une structure ad hoc à la Ushahidi d’Erik Hersman.

Laconica d’Evan Prodromou est tout désigné pour remplir la fonction à laquelle je pense mais ça peut être sur n’importe quelle plateforme. J’aime bien Identi.ca, qui est la plus grande instance Laconica. Par contre, j’utilise plus facilement Twitter, entre autres parce qu’il y a des clients Twitter pour l’iPod touch (y compris avec localisation).

Imaginons une (anti-)conférence à la PodCamp. Le même principe s’applique aux événements en-ligne (du genre “WebConference”) mais les rencontres face-à-face ont justement des avantages grâce au microbloguage. Surtout si on pense à la “serendipity”, à l’utilisation de plusieurs canaux de communication (cognitivement moins coûteuse dans un contexte de coprésence), à la facilité des conversations en petits groupes et au «langage non-verbal».

Donc, chaque événement a une instance de microblogue. Ça coûte pratiquement rien à gérer et ça peut vraiment ajouter de la valeur à l’événement.

Chaque personne inscrite à l’événement a un compte de microblogue qui est spécifique à l’instance de cet événement (ou peut utiliser un compte Laconica d’une autre instance et s’inscrire sur la nouvelle instance). Par défaut, tout le monde «suit» tout le monde (tout le monde est incrit pour voir tous les messages). Sur chaque “nametag” de la conférence, l’identifiant de la personne apparaît. Chaque présentateur est aussi lié à son identifiant. Le profil de chaque utilisateur peut être calqué sur un autre profil ou créé spécifiquement pour l’événement. Les portraits photos sont privilégiés, mais les avatars sont aussi permis. Tout ce qui est envoyé à travers l’instance est archivé et catalogué. S’il y a des façons de spécifier des positions dans l’espace, de façon précise (peut-être même avec une RFID qu’on peut désactiver), ce positionnement est inscrit dans l’instance. Comme ça, on peut se retrouver plus facilement pour discuter en semi-privé. D’ailleurs, ça serait facile d’inclure une façon de prendre des rendez-vous ou de noter des détails de conversations, pour se remémorer le tout plus tard. De belles intégrations possibles avec Google Calendar, par exemple.

Comme la liste des membres de l’instance est limitée, on peut avoir une appli qui facilite les notations ‘@’. Recherche «incrémentale», carnet d’adresse, auto-complétion… Les @ des présentateurs sont sous-entendus lors des présentations, on n’a pas à taper leurs noms au complet pour les citer. Dans le cas de conversations à plusieurs, ça devient légèrement compliqué, mais on peut quand même avoir une liste courte si c’est un panel ou d’autres méthodes si c’est plus large. D’ailleurs, les modérateurs pourraient utiliser ça pour faire la liste d’attente des interventions. (Ça, c’est du bonbon! J’imagine ce que ça donnerait à L’Université autrement!)

Comme Evan Prodromou en parlait lors de PodCamp Montréal, il y a toute la question du “microcasting” qui prend de l’ampleur. Avec une instance de microblogue liée à un événement, on pourrait avoir de la distribution de fichiers à l’interne. Fichiers de présentation (Powerpoint ou autre), fichiers médias, liens, etc. Les présentateurs peuvent préparer le tout à l’avance et envoyer leurs trucs au moment opportun. À la rigueur, ça peut même remplacer certaines utilisations de Powerpoint!

Plutôt que de devoir taper des hashtags d’événements (#pcmtl08), on n’a qu’à envoyer ses messages sur l’instance spécifique. Ceux qui ne participent pas à l’événement ne sont pas inondés de messages inopportuns. Nul besoin d’arrêter de suivre quelqu’un qui participe à un tel événement (comme ç’a été le cas avec #pcmtl08).

Une fois l’événement terminé, on peut faire ce qu’on veut avec l’instance. On peut y revenir, par exemple pour consulter la liste complète des participants. On peut retravailler ses notes pour les transformer en billets et même rapports. Ou on peut tout mettre ça de côté.

Pour le reste, ça serait comme l’utilisation de Twitter lors de SXSWi (y compris le cas Lacy, que je trouve fascinant) ou autre événement geek typique. Dans certains cas, les gens envoient les tweets directement sur des écrans autour des présentateurs.

Avec une instance spécifique, les choses sont plus simple à gérer. En plus, peu de risques de voir l’instance tomber en panne, comme c’était souvent le cas avec Twitter, pendant une assez longue période.

C’est une série d’idées en l’air et je tiens pas au détail spécifique. Mais je crois qu’il y a un besoin réel et que ça aide à mettre plusieurs choses sur une même plateforme. D’ailleurs, j’y avais pas trop pensé mais ça peut avoir des effets intéressants pour la gestion de conférences, pour des rencontres en-ligne, pour la couverture médiatique d’événements d’actualités, etc. Certains pourraient même penser à des modèles d’affaire qui incluent le microblogue comme valeur ajoutée. (Différents types de comptes, possibilité d’assister gratuitement à des conférences sans compte sur l’instance…)

Qu’en pensez-vous?

Almost 30k

Seems like it was only yesterday that I posted about getting almost 10 000 views. 

Almost 10k « Disparate

That was on August 9, 2006. This blog started on January 9, 2006 (started blogging on March 28, 2005). We’re getting very close to 30 000 views here. Not that any of this really matters. But it’s fun to reflect on how our blogs change over time.

One thing that seems fairly stable for my blog is the few posts that get the most views. Some of my favourite posts rarely get read while some of my most boring posts (especially those about iPod recording and the eMachines power supply) regularly get a fair number of views. A bit sad, really.

One thing that isn’t clear, here on WordPress.com, is how many views are on the main page as opposed to specific blog entries. I tend not to use the “more” tag much so most of my posts can be read directly on the main page. My guess is that some of those posts that apparently get few views are still read from the main page.

Another thing that’s interesting to note is how people come to this blog. Because of my (probably annoying) tendency to over-label my posts with large numbers of keywords, quite a few visits come from searches for combinations of terms that appear in different posts. For instance, my blog entries on both food and polygyny get me a visit from someone searching for “food distribution in a polygyny marriage” (which is a nice anthropological topic that I didn’t tackle here). Quite often, looking at the search terms used to get here, I feel bad about people being misled into visiting this blog. In many respects, lower traffic numbers would be much better for me, especially if it got me more comments. Problem is, my blog is too disparate to get the kind of stable and focused/targeted readership I sometimes long for.

There really seems to be a tendency for older blogs to get more traffic, regardless of other factors like posting frequency or post quality. Well, part of that might have to do that meeting other bloggers tends to increase traffic. Which doesn’t mean that waiting for traffic to increase is a recipe for blogging success. For one thing, blogging, especially in English, will probably hit a plateau within the next few years. Newer blogs are unlikely to be noticed except for occasional visits from searchers.

Community-oriented features of blogging platforms (like the “tag surfer” and “friend surfer” on WordPress.com) are generating some interesting interactions but I personally find it time-consuming to have to go to those pages to connect with people. Having said that, my guess is that community-building and social-networking will become increasingly important with blogs. Tomorrow’s blogging platforms are likely to get increasingly like, say, Facebook. Interestingly, LiveJournal which has always been strong on the community-oriented features seems not to be capturing much of the newer crowds.

Almost 10k

Started this WordPress.com blog on January 9, 2006 and will likely get to 10,000 views withing a few hours. Been getting anything from 60 to 130 views everyday day, for an average of maybe 80 views per day. The most popular entries seem to be:

Probably because of the way they’re referenced elsewhere.

None of this is really important, as my purpose is not to get as many eyeballs as possible. In terms of experimenting with blogs, it’s just interesting to see what’s happening here. Not that it’s representative.

If only more people could comment! 😉

Bloguage (Bloguer au Québec II)

Michel Leblanc en entrevue sur le Carnet techno de Bruno Guglielminetti. Michel a d’ailleurs répondu à mon propre billet sur la blogosphère québécoise, ce qui m’a permis d’admirer son propre blogue (et de commenter sur un de ses billets).
ClodiMedius a aussi répondu à mon billet et a créé son propre billet sur le même sujet. Nous devrions aller prendre un café dès mon retour à Montréal.
Cette chaîne de contacts par blogues interposés a démarré grâce à un billet de Marie-Chantale Turgeon mentionné par Guglielminetti dans l’épisode précédent de son carnet en balado-diffusion.

Donc, ça se précise.
Dans cette entrevue avec Guglielminetti, Michel parle brièvement de la formation de YULBiz, petit groupe de blogueurs et de gens d’affaires montréalais créé par l’entremise de blogues. (Michel explique la création de YULBiz entre 5:58 et 7:35 pendant l’entrevue). Selon Michel, la formule de YULBiz commence à avoir des échos à Québec (la capitale) et en France. On peut penser au marketing viral (si on le désire ardemment) ou même à un mouvement “grassroots” comme Kino.
Évidemment, c’est pas une formule réellement unique, il y a certainement beaucoup d’exemples ailleurs. Mais c’est un regroupement qui s’est créé à l’aide de cette fameuse blogosphère québécoise, prouvant donc la vitalité de ladite -sphère.
Détail intéressant, YULBiz semble avoir été déclenché par une rencontre dans un café. Rien d’unique là-dedans: la Révolution Française elle-même a été planifiée lors de rencontres dans des cafés parisiens. Mais c’est une tendance très forte, pour nous Québécois, de donner rendez-vous à des nouveaux contacts sans nécessairement avoir de but très précis. Ici à Northampton, ma femme a eu un peu de difficulté à appliquer ce même genre de procédure en ce sens que le rendez-vous semblait présupposer un but plus spécifique. Ici dans le Nord-Est des États-Unis, des amis se rencontrent parfois sans but précis (“just to hang out”) mais les nouveaux contacts requièrent souvent des procédures légèrement plus formelles. C’est un détail, mais il est lié à plusieurs aspects de la culture québécoise, depuis le statut des rapports amicaux avec distinction sexuelle (c.-à-d. qu’au Québec une femme et un homme peuvent facilement être de véritables amis) à la gestion de l’horaire hors de la vie professionnelle (un soupçon de «compartimentalisation»).

Donc, la blogosphère québécoise dans tout ça. Une de ses caractéristiques (probablement partagée avec plusieurs autres parties de la Blogosphère globale) est de donner lieu à des rencontres in situ. Cette tendance est peut-être due en partie au fait que les Québécois accordent beaucoup d’importance aux rapports directs mais elle est surtout liée à un contexte de concentration démographique métropolitaine. Dans ce cas-ci, on parlerait plutôt de blogosphère montréalaise, puisque c’est le fait d’habiter à Montréal (code d’aéroport «YUL») qui semble avoir permis aux membres de YULBiz de se rencontrer. Et, parlant de blogosphère montréalaise, un regroupement de blogueurs de la métropole québécoise s’appelle YULblog. Et ils semblent se rencontrer régulièrement.
Une autre caractéristique, assez évidente peut-être, c’est que les blogueurs québécois (ou, du moins, montréalais) franchissent la barrière linguistique entre Anglophones et Francophones. C’est une tendance assez prononcées parmi plusieurs groupes (y compris des brasseurs-maison), mais ça demeure un phénomène très intéressant.
Ensuite, on pourrait parler de l’importance de la «vie expressive» (art, poésie, création, musique, etc.) dans les blogues québécois. Michel Leblanc lui-même blogue de façon poétique. Rien de rare là-dedans, plusieurs blogues ailleurs ont des contenus artistiques. Mais le mode expressif semble assez fréquent dans la blogosphère québécoise. Quoique, c’est une observation très préliminaire qui mériterait une analyse un tant soit peu poussée. À ce sujet, cette fameuse étude comparative entre internautes français et québécois me paraît réellement fascinante.

Dans ce contexte, et pour être parfaitement honnête, il me semble plus utile de tenter d’observer la blogosphère québécoise «pour elle-même» (par ses propres caractéristiques) que de la mesurer à un critère démographique. Bon, c’est un peu le culturaliste et relativiste qui parle, mais quand même… Un ami Iranien me disait à propos de la communauté iranienne de Montréal qu’elle était plus petite que la communauté iranienne d’une ville un peu plus grande, mais qu’elle était selon lui «de meilleure qualité». Sans nécessairement parler de qualité intrinsèque, on peut dire que la blogosphère québécoise est petite mais qu’elle est certainement dynamique.

Blogues et identités

En réponse à ClodiMedius (lui-même répondant à un de mes billets).

Puisque j’ai tendance à être plus personnel et informel quand je blogue en français, ma réponse à ton commentaire va être un peu plus familière que son origine (et que la plupart de mes billets, surtout ceux écrits en anglais).
Tout d’abord, merci beaucoup d’avoir envoyé ce commentaire sur mon blogue. Je blogue pas pour recevoir des commentaires mais j’apprécie beaucoup les quelques commentaires que je reçois. En fait, j’ai parfois l’intention de prendre des moyens précis pour augmenter le nombre de commentaire sur mon blogue. Par simple curiosité pour la chose humaine, pas par désir irrépréssible d’être le centre d’une attention particulière.

Juste pour être clair, est-ce que mon billet t’a fait réagir pour une raison précise? C’était une réponse à une discussion sur le blogue de Marie-Chantal Turgeon. C’est dans cette discussion que certains semblaient déplorer l’état de la blogosphère québécoise. Mon opinion, en gros, c’est qu’elle se porte relativement bien parce que ses critères de réussite ne sont pas liés à d’autres blogosphères. Le Québec d’aujourd’hui, son insularité et son provincialisme compris, fait son bonhomme de chemin sans trop se comparer au reste du monde. On se sent parfois fiers (avec raison, selon moi) de ce qui se passe au Québec et on regarde ailleurs pour s’inspirer et pour communiquer avec le plus grand nombre. Mais quand on agit, c’est pas pour se mesurer à des moulins. Donc, la crise d’identité que tu perçois, je la perçois surtout comme une dynamique sociale assez fluide et «organique». Nos différences d’opinion sont surtout une question de perspective, j’imagine.

Pour situer un peu les choses, au cas où c’était pas clair. Je suis Québécois de naissance, Suisse d’origine, Acadien par alliance, Ouest-Africain par intérêts académiques et je vis souvent hors du Québec. (En ce moment-même, je suis à Northampton, dans l’ouest du Massachusetts).
Je suis aussi anthropologue (ethnolinguiste, ethnologue, ethnographe et ethnomusicologue) alors je m’intéresse beaucoup aux processus liés aux identités culturelles et sociales. Soit dit en passant, pour la question de l’ethnocentrisme, faut pas confondre avec la fierté identitaire. Aussi, ça aide de voir que l’ethnocentrisme est très fréquemment présent dans tout rapport entre groupes. Nous sommes beaucoup à lutter contre l’ethnocentrisme mais l’idée c’est de l’endiguer, pas de l’éradiquer.

Bon, pour revenir plus précisément aux points que tu soulèves. C’est probablement difficile de répertorier cette blogosphère québécoise dont on parle avec tant de verve. Mais, comme tu le remarques, on se retrouve assez facilement, entre Québécois. Pas seulement entre Francophones ou même entre amateurs du Québec. Mais spécifiquement entre Québécois. On ne passe même pas par Loïc «Bloïc» Le Meur pour entrer en contact, les uns avec les autres. Dans ce cas-ci, nous nous sommes greffés au réseau de Marie-Chantal au sein duquel chaque nœud est lié à plusieurs autres réseaux (dont certains sont spécifiquement québécois, d’autres non). Pour un groupe aussi «restreint» (au sens démographique, disons) que le nôtre, c’est assez inusité.

La question du lectorat est fascinante. Ma propre réaction provenait en partie de commentaires d’un autre Québécois vivant aux États-Unis. Si certains d’entre nous veulent être lus, pour d’autres, c’est moins important. Dans mon cas, j’aimerais bien (comme je le mentionnais plus haut) recevoir plus de commentaires et je suis bien content de voir que certains lisent quelques entrées de mon blogue, mais ça change pas grand-chose à ma façon de bloguer. Je blogue pour moi-même, pour écrire, pour mettre des idées en forme, pour conserver une trace de certains aspects de ma vie, pour distribuer certaines choses à des amis (plutôt que de leur envoyer par courriel), pour avoir une présence relativement stable en-ligne (de sorte que les gens qui me connaissent puissent me contacter), etc.
Comme tu le remarques peut-être, mes billets avec des thèmes plus spécifiquement québécois sont relativement rares. En fait, j’en écris probablement plus quand je suis à l’extérieur du Québec, par nostalgie.

Pour être plus spécifique, par rapport à ton propre blogue. Tu parles de WordPress et des catégories. Une des choses que j’apprécie de WP (même si j’aimerais utiliser une méthode plus semblable à celle de Del.icio.us) c’est la possibilité de créer des catégories et des étiquettes à tout moment. En fait, je crée beaucoup trop de catégories (en moyenne trois par billet), ce qui m’a poussé à masquer la liste des catégories des pages de mon blogue. C’est un principe d’ouverture. Mes blogues se veulent disparates et n’ont donc pas de thèmes particuliers. Ils doivent me représenter, autant que faire se peut. Ce qui implique que je cherche pas à rejoindre un groupe particulier (disons, les torréfacteurs amateurs). Amusant que tu fasses référence à l’arôme de la torréfaction et à l’anthropologie. Ça me porte à croire que tu as lu d’autres billets sur mon blogue. Et ta réponse me pousse à aller voir tes propres blogues. On crée donc un contact. Oui, notre «québécité» a servi de base à ce contact, mais les contacts que nous avons toi et moi avec d’autres internautes proviennent certainement de beaucoup d’autres «prétextes».
En fait, je pense que je vais t’envoyer un message privé pour continuer la conversation. Mais c’est agréable de pouvoir discuter publiquement sans s’être rencontrés. Les listes de diffusions ainsi que les forums sur le Web servent souvent le même rôle mais les blogues sont plus individualisés.

Merci encore!

Bloguer au Québec

Vu d’ici – Seen from here: So you wanna be a rockstar?: L’état de la blogosphère Québécoise:
Des notions intéressantes sur le développement de plusieurs blogues au Québec. D’ailleurs, mon entrée de blogue sur le dynamisme et la vitalité de la culture québécoise était toujours dans ma liste de brouillons mais le billet de Marie-Chantal me pusse à le publier. Elle est un peu la suite de mon QueCon Blues d’il y a un mois mais avec plus de commentaires sur la sphère médiatique québécoise (et la convergence) de mon point de vue semi-extérieur.
C’est vrai que le Québec n’est pas entré à pieds joints dans la blogosphère ou dans d’autres modes de distributions de contenus en-ligne. Mais certains blogueurs sont suffisamment visibles que l’effet du phénomène du blogue se fait sentir au Québec presque autant qu’ailleurs. Une partie de la situation s’explique par le fait d’être une société relativement petite, de la même taille que la Suisse ou la Suède, disons. D’un autre côté, nos blogues ont souvent une saveur particulière, comme semblent le souligner certaines études (voulais justement bloguer là-dessus, un de ces jours).
Pour ce qui est de la langue, c’est une grande question, évidemment. Pour ma part, elle se pose un peu moins dans le contexte de mes séjours aux États-Unis (à Northampton, MA en ce moment) et de mon travail académique en anglais. Bloguer en anglais, c’est une façon pour moi de pratiquer certaines techniques d’écriture en anglais. Et comme on le sait tous, on peut pas vraiment écrire en anglais comme on écrit en français.
Malgré tout, ça demeure mon intention de bloguer plus souvent en français. Quoique, cette intention a changé un peu. Puisque les Anglophones en général connaissent moins ce qui se passe chez les Francophones, ça me tente souvent d’écrire en anglais sur des choses qui touchent les francophones. Il y a déjà un blogue montréalais qui fait un peu ça, mais ma position est un peu plus extérieure (après avoir vécu hors du Québec un certain temps: Suisse, Mali, Indiana, Nouveau-Brunswick, Massachusetts). La nostalgie me pogne assez souvent, surtout au début de l’été! (Saint-Jean, terrasses, Festival de Jazz, gens heureux dans les rues, etc.). Parler du Québec à des gens qui ne le connaisse pas, ça me fait plaisir. Parler du Québec à des Québécois, ça vire vite à une discussion sur les faits d’actualité.
La question de la présence des femmes sur la blogosphère est intéressante. On voit souvent le Québec comme un des rares coins de l’Amérique du Nord où les femmes et les hommes sont assez souvent (vraiment pas toujours, mais assez souvent) traités de façon pas mal similaire. Plus qu’aux États-Unis, en tous cas! Mais le Québec est pas trop le royaume de la geekette. La proportion femmes/hommes est certainement plus élevées qu’elle était il y a quelques années (avant la fameuse catastrophe) mais probablement encore assez basse. Pas que c’est si différent ailleurs mais dans une société qui accorde une place relativement importante à des femmes de tête, on dirait que l’aspect technologique est un peu mis de côté.
Aussi, c’est intéressant de parler de Julie Snyder puisque c’était un des points de départ de mon entrée sur la culture québécoise. Selon l’article qui m’a poussé à envoyé mon billet, Julie Snyder a probablement plus d’influence sur la culture québécois qu’on a tendance à le remarquer. Si elle se met à bloguer (ou à podcaster), ça peut être l’élément déclencheur de toutes sortes de choses, du plus cool au plus poche.