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Présence féminine et culture geek (Journée Ada Lovelace) #ald09

En 2009, la journée de la femme a été hypothéquée d’une heure, dans certaines contrées qui sont passées à l’heure d’été le 8 mars. Pourtant, plus que jamais, c’est aux femmes que nous devrions accorder plus de place. Cette Journée internationale en l’honneur d’Ada Lovelace et des femmes dans les domaines technologiques est une excellente occasion pour discuter de l’importance de la présence féminine pour la pérennité sociale.

Pour un féministe mâle, le fait de parler de condition féminine peut poser certains défis. Qui suis-je, pour parler des femmes? De quel droit pourrais-je m’approprier de la parole qui devrait, selon moi, être accordée aux femmes? Mes propos ne sont-ils pas teintés de biais? C’est donc d’avantage en tant qu’observateur de ce que j’ai tendance à appeler la «culture geek» (voire la «niche geek» ou la «foule geek») que je parle de cette présence féminine.

Au risque de tomber dans le panneau du stéréotype, j’oserais dire qu’une présence accrue des femmes en milieu geek peut avoir des impacts intéressants en fonction de certains rôles impartis aux femmes dans diverses sociétés liées à la culture geek. En d’autres termes, j’aimerais célébrer le pouvoir féminin, bien plus fondamntal que la «force» masculine.

Je fais en cela référence à des notions sur les femmes et les hommes qui m’ont été révélées au cours de mes recherches sur les confréries de chasseurs, au Mali. En apparence exclusivement mâles, les confréries de chasseurs en Afrique de l’ouest accordent une place prépondérante à la féminité. Comme le dit le proverbe, «nous sommes tous dans les bras de nos mères» (bèè y’i ba bolo). Si le père, notre premier rival (i fa y’i faden folo de ye), peut nous donner la force physique, c’est la mère qui nous donne la puissance, le vrai pouvoir.

Loin de moi l’idée d’assigner aux femmes un pouvoir qui ne viendrait que de leur capacité à donner naissance. Ce n’est pas uniquement en tant que mère que la femme se doit d’être respectée. Bien au contraire, les divers rôles des femmes ont tous à être célébrés. Ce qui donne à la maternité une telle importance, d’un point de vue masculin, c’est son universalité: un homme peut ne pas avoir de sœur, d’épouse ou de fille, il peut même ne pas connaître l’identité précise de son père, il a au minimum eu un contact avec sa mère, de la conception à la naissance.

C’est souvent par référence à la maternité que les hommes conçoivent le respect le plus inconditionnel pour la femme. Et l’image maternelle ne doit pas être négligée, même si elle est souvent stéréotypée. Même si le terme «materner» a des connotations péjoratives, il fait appel à un soi adapté et sans motif spécifique. La culture geek a-t-elle besoin de soins maternels?

Une étude récente s’est penchée sur la dimension hormonale des activités des courtiers de Wall Street, surtout en ce qui a trait à la prise de risques. Selon cette étude (décrite dans une baladodiffusion de vulgarisation scientifique), il y aurait un lien entre certains taux d’hormones et un comportement fondé sur le profit à court terme. Ces hormones sont surtout présentes chez de jeunes hommes, qui constituent la majorité de ce groupe professionnel. Si les résultats de cette étude sont valables, un groupe plus diversifié de courtiers, au niveau du sexe et de l’âge, risque d’être plus prudent qu’un groupe dominé par de jeunes hommes.

Malgré d’énormes différences dans le détail, la culture geek a quelques ressemblances avec la composition de Wall Street, du moins au point de vue hormonal. Si l’appât du gain y est moins saillant que sur le plancher de la Bourse, la culture geek accorde une très large place au culte méritocratique de la compétition et à l’image de l’individu brillant et tout-puissant. La prise de risques n’est pas une caractéristique très visible de la culture geek, mais l’approche «résolution de problèmes» (“troubleshooting”) évoque la décision hâtive plutôt que la réflexion approfondie. Le rôle du dialogue équitable et respectueux, sans en être évacué, n’y est que rarement mis en valeur. La culture geek est «internationale», en ce sens qu’elle trouve sa place dans divers lieux du Globe (généralement définis avec une certaine précision en cebuees névralgiques comme la Silicon Valley). Elle est pourtant loin d’être représentative de la diversité humaine. La proportion bien trop basse de femmes liées à la culture geek est une marque importante de ce manque de diversité. Un groupe moins homogène rendrait plus prégnante la notion de coopération et, avec elle, un plus grand soucis de la dignité humaine. Après tout, le vrai humanisme est autant philogyne que philanthrope.

Un principe similaire est énoncé dans le cadre des soins médicaux. Sans être assignées à des tâches spécifiques, associées à leur sexe, la présence de certaines femmes-médecins semble améliorer certains aspects du travail médical. Il y a peut-être un stéréotype implicite dans tout ça et les femmes du secteur médical ne sont probablement pas traitées d’une bien meilleure façon que les femmes d’autres secteurs d’activité. Pourtant, au-delà du stéréotype, l’association entre féminité et relation d’aide semble se maintenir dans l’esprit des membres de certaines sociétés et peut être utilisée pour rendre la médecine plus «humaine», tant dans la diversité que dans cette notion d’empathie raisonnée, évoquée par l’humanisme.

Je ne peux m’empêcher de penser à cette remarquable expérience, il y a quelques années déjà, de participer à un colloque académique à forte présence féminine. En plus d’une proportion élevée de femmes, ce colloque sur la nourriture et la culture donnait la part belle à l’image de la mère nourricière, à l’influence fondamentale de la sphère donestique sur la vie sociale. Bien que mâle, je m’y suis senti à mon aise et je garde de ces quelques jours l’idée qu’un monde un tant soit peu féminisé pouvait avoir des effets intéressants, d’un point de vue social. Un groupe accordant un réel respect à la condition féminine peut être associé à une ambiance empreinte de «soin», une atmosphère “nurturing”.

Le milieu geek peut être très agréable, à divers niveaux, mais la notion de «soin», l’empathie, voire même l’humanisme n’en sont pas des caractéristiques très évidentes. Un monde geek accordant plus d’importance à la présence des femmes serait peut-être plus humain que ce qu’un portrait global de la culture geek semble présager.

Et n’est-ce pas ce qui s’est passé? Le ‘Net s’est partiellement féminisé au cours des dix dernières années et l’émergence du média social est intimement lié à cette transformation «démographique».

D’aucuns parlent de «démocratisation» d’Internet, usant d’un champ lexical associé au journalisme et à la notion d’État-Nation. Bien qu’il s’agisse de parler d’accès plus uniforme aux moyens technologiques, la source de ce discours se situe dans une vision spécifique de la structure social. Un relent de la Révolution Industrielle, peut-être? Le ‘Net étant construit au-delà des frontières politiques, cette vision du monde semble peu appropriée à la communication mondialisée. D’ailleurs, qu’entend-on vraiment par «démocratisation» d’Internet? La participation active de personnes diversifiées aux processus décisionnels qui créent continuellement le ‘Net? La simple juxtaposition de personnes provenant de milieux socio-économiques distincts? La possibilité pour la majorité de la planète d’utiliser certains outils dans le but d’obtenir ces avantages auxquels elle a droit, par prérogative statistique? Si c’est le cas, il en reviendrait aux femmes, majoritaires sur le Globe, de décider du sort du ‘Net. Pourtant, ce sont surtout des hommes qui dominent le ‘Net. Le contrôle exercé par les hommes semble indirect mais il n’en est pas moins réel.

Cet état des choses a tendance à changer. Bien qu’elles ne soient toujours pas dominantes, les femmes sont de plus en plus présentes, en-ligne. Certaines recherches statistiques semblent d’ailleurs leur assigner la majorité dans certaines sphères d’activité en-ligne. Mais mon approche est holistique et qualitative, plutôt que statistique et déterministe. C’est plutôt au sujet des rôles joués par les femmes que je pense. Si certains de ces rôles semblent sortir en ligne direct du stéréotype d’inégalité sexuelle du milieu du XXè siècle, c’est aussi en reconnaissant l’emprise du passé que nous pouvons comprendre certaines dimensions de notre présent. Les choses ont changé, soit. La conscience de ce changement informe certains de nos actes. Peu d’entre nous ont complètement mis de côté cette notion que notre «passé à tous» était patriarcal et misogyne. Et cette notion conserve sa signifiance dans nos gestes quotidiens puisque nous nous comparons à un modèle précis, lié à la domination et à la lutte des classes.

Au risque, encore une fois, de faire appel à des stéréotypes, j’aimerais parler d’une tendance que je trouve fascinante, dans le comportement de certaines femmes au sein du média social. Les blogueuses, par exemple, ont souvent réussi à bâtir des communautés de lectrices fidèles, des petits groupes d’amies qui partagent leurs vies en public. Au lieu de favoriser le plus grand nombre de visites, plusieurs femmes ont fondé leurs activités sur la blogosphère sur des groupes relativement restreints mais très actifs. D’ailleurs, certains blogues de femmes sont l’objet de longues discussions continues, liant les billets les uns aux autres et, même, dépassant le cadre du blogue.

À ce sujet, je fonde certaines de mes idées sur quelques études du phénomène de blogue, parues il y a déjà plusieurs années (et qu’il me serait difficile de localiser en ce moment) et sur certaines observations au sein de certaines «scènes geeks» comme Yulblog. Lors de certains événements mettant en contacts de nombreuses blogueuses, certaines d’entre elles semblaient préférer demeurer en groupe restreint pour une part importante de la durée de l’événement que de multiplier les nouveaux contacts. Il ne s’agit pas ici d’une restriction, certaines femmes sont mieux à même de provoquer l’«effet du papillon social» que la plupart des hommes. Mais il y a une force tranquille dans ces petits regroupements de femmes, qui fondent leur participation à la blogosphère sur des contacts directs et forts plutôt que sur la «pêche au filet». C’est souvent par de très petits groupes très soudés que les changements sociaux se produisent et, des “quilting bees” aux blogues de groupes de femmes, il y a une puissance ignorée.

Il serait probablement abusif de dire que c’est la présence féminine qui a provoqué l’éclosion du média social au cours des dix dernières années. Mais la présence des femmes est liée au fait que le ‘Net ait pu dépasser la «niche geek». Le domaine de ce que certains appellent le «Web 2.0» (ou la sixième culture d’Internet) n’est peut-être pas plus démocratique que le ‘Net du début des années 1990. Mais il est clairement moins exclusif et plus accueillant.

Comme ma tendre moitié l’a lu sur la devanture d’une taverne: «Bienvenue aux dames!»

Les billets publiés en l’honneur de la Journée Ada Lovelace devaient, semble-t-il, se pencher sur des femmes spécifiques, œuvrant dans des domaines technologiques. J’ai préféré «réfléchir à plume haute» au sujet de quelques éléments qui me trottaient dans la tête. Il serait toutefois de bon ton pour moi de mentionner des noms et de ne pas consigner ce billet à une observation purement macroscopique et impersonnelle. Étant peu porté sur l’individualisme, je préfère citer plusieurs femmes, plutôt que de me concentrer sur une d’entre elles. D’autant plus que la femme à laquelle je pense avec le plus d’intensité dit désirer garder une certaine discrétion et, même si elle blogue depuis bien plus longtemps que moi et qu’elle sait très bien se débrouiller avec les outils en question, elle prétend ne pas être associée à la technologie.

J’ai donc décidé de procéder à une simple énumération (alphabétique, j’aime pas les rangs) de quelques femmes dont j’apprécie le travail et qui ont une présence Internet facilement identifiable. Certaines d’entre elles sont très proches de moi. D’autres planent au-dessus de milieux auxquels je suis lié. D’autres encore sont des présences discrètes ou fortes dans un quelconque domaine que j’associe à la culture geek et/ou au média social. Évidemment, j’en oublie des tonnes. Mais c’est un début. Continuons le combat! 😉

Influence and Butterflies

Seems like “influence” is a key theme in social media, these days. An example among several others:

Influenceur, autorité, passeur de culture ou l’un de ces singes exubérants | Mario tout de go.

In that post, Mario Asselin brings together a number of notions which are at the centre of current discussions about social media. The core notion seems to be that “influence” replaces “authority” as a quality or skill some people have, more than others. Some people are “influencers” and, as such, they have a specific power over others. Such a notion seems to be widely held in social media and numerous services exist which are based on the notion that “influence” can be measured.
I don’t disagree. There’s something important, online, which can be called “influence” and which can be measured. To a large extent, it’s related to a large number of other concepts such as fame and readership, popularity and network centrality. There are significant differences between all of those concepts but they’re still related. They still depict “social power” which isn’t coercive but is the basis of an obvious stratification.
In some contexts, this is what people mean by “social capital.” I originally thought people meant something closer to Bourdieu but a fellow social scientist made me realise that people are probably using Putnam’s concept instead. I recently learnt that George W. Bush himself used “political capital” in a sense which is fairly similar to what most people seem to mean by “social capital.” Even in that context, “capital” is more specific than “influence.” But the core notion is the same.
To put it bluntly:
Some people are more “important” than others.
Social marketers are especially interested in such a notion. Marketing as a whole is about influence. Social marketing, because it allows for social groups to be relatively amorphous, opposes influence to authority. But influence maintains a connection with “top-down” approaches to marketing.
My own point would be that there’s another kind of influence which is difficult to pinpoint but which is highly significant in social networks: the social butterfly effect.
Yep, I’m still at it after more than three years. It’s even more relevant now than it was then. And I’m now able to describe it more clearly and define it more precisely.
The social butterfly effect is a social network analogue to the Edward Lorenz’s well-known “butterfly effect. ” As any analogy, this connection is partial but telling. Like Lorenz’s phrase, “social butterfly effect” is more meaningful than precise. One thing which makes the phrase more important for me is the connection with the notion of a “social butterfly,” which is both a characteristic I have been said to have and a concept I deem important in social science.
I define social butterflies as people who connect to diverse network clusters. Community enthusiast Christine Prefontaine defined social butterflies within (clustered) networks, but I think it’s useful to separate out network clusters. A social butterfly’s network is rather sparse as, on the whole, a small number of people in it have direct connections with one another. But given the topography of most social groups, there likely are clusters within that network. The social butterfly connects these clusters. When the social butterfly is the only node which can connect these clusters directly, her/his “influence” can be as strong as that of a central node in one of these clusters since s/he may be able to bring some new element from one cluster to another.
I like the notion of “repercussion” because it has an auditory sense and it resonates with all sorts of notions I think important without being too buzzwordy. For instance, as expressions like “ripple effect” and “domino effect” are frequently used, they sound like clichés. Obviously, so does “butterfly effect” but I like puns too much to abandon it. From a social perspective, the behaviour of a social butterfly has important “repercussions” in diverse social groups.
Since I define myself as a social butterfly, this all sounds self-serving. And I do pride myself in being a “connector.” Not only in generational terms (I dislike some generational metaphors). But in social terms. I’m rarely, if ever, central to any group. But I’m also especially good at serving as a contact between people from different groups.
Yay, me! 🙂
My thinking about the social butterfly effect isn’t an attempt to put myself on some kind of pedestal. Social butterflies typically don’t have much “power” or “prestige.” Our status is fluid/precarious. I enjoy being a social butterfly but I don’t think we’re better or even more important than anybody else. But I do think that social marketers and other people concerned with “influence” should take us into account.
I say all of this as a social scientist. Some parts of my description are personalized but I’m thinking about a broad stance “from society’s perspective.” In diverse contexts, including this blog, I have been using “sociocentric” in at least three distinct senses: class-based ethnocentrism, a special form of “altrocentrism,” and this “society-centred perspective.” These meanings are distinct enough that they imply homonyms. Social network analysis is typically “egocentric” (“ego-centred”) in that each individual is the centre of her/his own network. This “egocentricity” is both a characteristic of social networks in opposition to other social groups and a methodological issue. It specifically doesn’t imply egotism but it does imply a move away from pre-established social categories. In this sense, social network analysis isn’t “society-centred” and it’s one reason I put so much emphasis on social networks.
In the context of discussions of influence, however, there is a “society-centredness” which needs to be taken into account. The type of “influence” social marketers and others are so interested in relies on defined “spaces.” In some ways, if “so-and-so is influential,” s/he has influence within a specific space, sphere, or context, the boundaries of which may be difficult to define. For marketers, this can bring about the notion of a “market,” including in its regional and demographic senses. This seems to be the main reason for the importance of clusters but it also sounds like a way to recuperate older marketing concepts which seem outdated online.
A related point is the “vertical” dimension of this notion of “influence.” Whether or not it can be measured accurately, it implies some sort of scale. Some people are at the top of the scale, they’re influencers. Those at the bottom are the masses, since we take for granted that pyramids are the main models for social structure. To those of us who favour egalitarianism, there’s something unpalatable about this.
And I would say that online contacts tend toward some form of egalitarianism. To go back to one of my favourite buzzphrases, the notion of attention relates to reciprocity:

It’s an attention economy: you need to pay attention to get attention.

This is one thing journalism tends to “forget.” Relationships between journalists and “people” are asymmetrical. Before writing this post, I read Brian Storm’s commencement speech for the Mizzou J-School. While it does contain some interesting tidbits about the future of journalism, it positions journalists (in this case, recent graduates from an allegedly prestigious school of journalism) away from the masses. To oversimplify, journalists are constructed as those who capture people’s attention by the quality of their work, not by any two-way relationship. Though they rarely discuss this, journalists, especially those in mainstream media, typically perceive themselves as influencers.

Attention often has a temporal dimension which relates to journalism’s obsession with time. Journalists work in time-sensitive contexts, news are timely, audiences spend time with journalistic contents, and journalists fight for this audience time as a scarce resource, especially in connection to radio and television. Much of this likely has to do with the fact that journalism is intimately tied to advertising.

As I write this post, I hear on a radio talk show a short discussion about media coverage of Africa. The topic wakes up the africanist in me. The time devoted to Africa in almost any media outside of Africa is not only very limited but spent on very specific issues having to do with Africa. In mainstream media, Africa only “matters” when major problems occur. Even though most parts of Africa are peaceful and there many fabulously interesting things occuring throughout the continent, Africa is the “forgotten” continent.

A connection I perceive is that, regardless of any other factor, Africans are taken to not be “influential.” What makes this notion especially strange to an africanist is that influence tends to be a very important matter throughout the continent. Most Africans I know or have heard about have displayed a very nuanced and acute sense of “influence” to the extent that “power” often seems less relevant when working in Africa than different elements of influence. I know full well that, to outsiders to African studies, these claims may sound far-fetched. But there’s a lot to be said about the importance of social networks in Africa and this could help refine a number of notions that I have tagged in this post.

Edmonton:Calgary::Austin:Houston

Or “Edmonton is to Calgary as Austin is to Houston.” (Can’t remember how this form is called but it’s pretty common.)

At the risk of inflaming some city rivalries, I propose that Edmonton and Austin might be functionally equivalent cities in their respective contexts. I say this without having been to Alberta or even to Houston. But I get the feeling my analogy isn’t too far off.

An newspaper article about Edmonton confirmed my earlier suspicion (been thinking about this for a while, actually).

Alberta and Texas have several things in common, including cattle and oil (along with cultural correlates like rodeo and external signs of wealth). Texans seem to know relatively little about Alberta but I get the impression Albertans can relate to some dimensions of Texas culture. Possibly more than most other Canadians.

Some Albertans I’ve met in the past have described Calgary and Edmonton as radically different cities. One (Calgary, I assume) is taken to be quite representative of the province as a whole, including its financial potential. Edmonton, on the other hand, was taken as a “different” city from the rest of the province. If, as that newspaper article implies, Edmonton used to be Alberta’s “cultural capital,” it all seems to make sense, to me. Even if it’s not that accurate. Significance and truth are different things.

Alberta as a whole is likely to be misunderstood by the rest of Canada. Typically, at least in the East, that province is perceived as the Canadian equivalent to the (legendary) “American Old West” (complete with cowboy hats). I’m certainly not saying that this association is accurate, especially given the level of inaccuracy involved in images of the “American Old West” in movies and literature. But I think that, in the Easterners’ skewed perception of Alberta, images from Western movies are more prominent than those of UofA. My feeling is that Edmonton is somewhat further from this “Western” stereotype than Calgary is. Yet both cities certainly have their own “personalities,” far away from stereotypes.

(As an aside. It’s customary for me to address stereotypes on diverse occasions. I know I’m walking on eggshells. My attitude is that stereotypes are important because they inform relationships between groups of people. I don’t condone stereotypes but I do enjoy taking them apart.)

Coming back to Texas. Like Alberta, it seems to be misunderstood by the rest of the country. And while the “American Old West” stereotypes are quite inaccurate, many people throughout North America (and even Europe) do perceive Texas through the “Western” lens. Several comments made by Austinites and visitors to Austin have demonstrated how far Austin is considered to be from the Western stereotypes. My impressions is that the Texas capital’s unofficial motto of “Keep Austin Weird” (used as a slogan for local businesses) partly refers to Austin’s eccentricity by opposition to stereotypes about Texas. Not exclusively, but partly. At least, this is the impression I get from intellectuals who talk about Austin.

So, both Edmonton and Austin might be cities which are specifically trying to break away from regional stereotypes. They both host important festivals with themes of marginality or independence.  As it so happens, both cities are capitals and neither city is the largest in its region. They both have important universities which have traditionally been better-known than universities in their respective rival cities. And they seem to be unofficial sister cities.

Now, how about Calgary and Houston? Well… Both are big oil cities. Does that mean anything? I really can’t tell. People seem to assume a lot from these broad impressions about cities. And I’m quite convinced that these assumptions eventually imply the influx of people who are seeking a specific lifestyle. My guess would be that both Calgary and Houston may attract people who enjoy the same kind of thing, including driving and attending rodeos. (I’m only half-joking.)

No idea about Edmonton on this point but I must say that Austin attracts drivers. Of SUVs. As a compulsive pedestrian, I perceive a disconnect between the “absolute necessity” of having a car in Austin and the ideals many Austinites seem to have about pedestrian-friendly lifestyle. As compared to Boston, Montreal, or even Chicago, Austin is not a pedestrian-friendly city. Some people want to change this state of things but it’s possible that their efforts are doomed unless they carefully assess the situation.

Going back to my original analogy… I would add New Brunswick to the mix. Fredericton is like Austin and Edmonton while Saint John is like Houston and Calgary. Funny that Saint John should be an oil city the site of a major oil conglomerate [Edit 11/04/08 1:11:21 PM] and that Fredericton should be a capital. But I mean it more in terms of cultural associations.

The pattern doesn’t apply everywhere. It’d be very hard to fit cities in most other parts of North America or Europe in the model. In fact, I’m convinced that people will describe, in detail, how wrong I am in my associations between the four cities in the title.

But I still find it a fun thing to talk about.

Although I really enjoyed Fredericton and I’m currently enjoying life in Austin, I don’t mean to say that I’d dislike Calgary, Houston, or any other city. I feel that I can live in just about any city and, in the ten or so cities where I’ve lived for at least a month in the past eight years, I’m not always sure which I preferred. Actually, chances are that what I can do in a city is much more important than the city itself, in terms of my liking the locale.

Ah, well…

Cultural References and Mass Media

An effect of my not having a television is that I occasionally miss “references to popular culture.” Continue reading Cultural References and Mass Media

Ethnocentrism and Toponymy (Draft Notes)

This one is more of a rant. At least, it’s about a pet peeve. But I don’t think I’ll flesh it out unless I feel really motivated.

Basically, I wish people used more precise terms to designate different parts of the world and I can’t help but feel that there’s some ethnocentrism involved in the placenames used by many people including (or especially) journalists.

It’s really not about political correctness. It’s about accuracy, precision, clarity.

Terms I tend to like:

  • West Asia
  • Southwest Asia
  • Central Asia
  • Eurasia
  • North Asia
  • East Asia
  • South Asia
  • Southeast Asia
  • North Africa
  • West Africa
  • Central Africa
  • East Africa
  • Southern Africa
  • Northeastern Africa
  • Northwestern North America
  • Northeastern North America
  • Northeastern United States
  • Southeastern United States
  • Southwestern United States
  • Continental United States
  • Continental Europe
  • Southeastern Europe
  • South America

Term use I find just a bit tricky but still fit, for mostly historical reasons. I just wish they were more precise.

  • Americas
  • Europe
  • Central Europe
  • Eastern Europe
  • Western Europe
  • Northern Europe
  • Southern Europe
  • Scandinavia
  • Baltic
  • Balkans
  • New England
  • North America
  • Sub-Saharan Africa
  • MidWest
  • The North
  • The South
  • Central America
  • Caribbean
  • Antilles
  • Oceania

I also get slightly annoyed at the reliance on country names, especially in mainstream media, but I do understand why they seem so important to journalists and news-guzzlers.

Terms which rapidly get problematic:

  • “America” (Is it the continent, the “United States of,” or the very concept of the “New World?”)
  • Bible Belt
  • Sunbelt
  • Rust Belt
  • Middle America
  • Orient
  • Occident
  • The West
  • Black Africa («Afrique Noire»)
  • Latin America
  • Levant
  • Far East
  • Near East
  • Middle East

Of course, “Middle East” is the one I find most problematic. Not only has its meaning shifted over the years but it’s one of those terms which hides more than it reveals. Oh, sure, I enjoy ambiguity. But I like ambiguity when it’s purposeful, obvious. Honest. The type of ambiguity afforded “Middle East” is more than Orientalism. It’s halfhearted neo-colonialism.

Ah, well.

Planning Austin

Been thinking about our upcoming move to Austin, TX. We’ll be there by mid-December.

Looks like our neighborhood, Bouldin Creek, will be an interesting one. It’s close to the (apparently trendy) SoCo area as well as downtown.

Been putting dots on a map for places of potential interest.

Google Maps

Zoom map

Of course, much of my interest focuses on coffee and beer, at this point. But I often find out that this type of focus is a great way to learn a new place.