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Éloge de la courtoisie en-ligne

Nous y voilà!

Après avoir terminé mon billet sur le contact social, j’ai reçu quelques commentaires et eu d’autres occasions de réfléchir à la question. Ce billet faisait suite à une interaction spécifique que j’ai vécue hier mais aussi à divers autres événements. En écrivant ce billet sur le contact social, j’ai eu l’idée (peut-être saugrenue) d’écrire une liste de «conseils d’ami» pour les gens qui désirent me contacter. Contrairement à mon attitude habituelle, j’ai rédigé cette liste dans un mode assez impératif et télégraphique. C’est peut-être contraire à mon habitude, mais c’est un exercice intéressant à faire, dans mon cas.

Bien qu’énoncés sur un ton quasi-sentencieux, ces conseils se veulent être des idées de base avec lesquelles je travaille quand on me sollicite (ce qui arrive plusieurs fois par jour). C’est un peu ma façon de dire: je suis très facile à contacter mais voici ce que je considère comme étant des bonnes et mauvaises idées dans une procédure de contact. Ça vaut pour mes lecteurs ici, pour mes étudiants (avant que je aie rencontrés), pour des contacts indirects, etc.

Pour ce qui est du «contact social», je parlais d’un contexte plus spécifique que ce que j’ai laissé entendre. Un des problèmes, c’est que même si j’ai de la facilité à décrire ce contexte, j’ai de la difficulté à le nommer d’une façon qui soit sans équivoque. C’est un des mondes auxquels je participe et il est lié à l’«écosystème geek». En parlant de «célébrité» dans le billet sur le contact social, je faisais référence à une situation assez précise qui est celle de la vie publique de certaines des personnes qui passent le plus clair de leur temps en-ligne. Les limites sont pas très claires mais c’est un groupe de quelques millions de personnes, dont plusieurs Anglophones des États-Unis, qui entrent dans une des logiques spécifiques de la socialisation en-ligne. Des gens qui vivent et qui oeuvrent dans le média social, le marketing social, le réseau social, la vie sociale médiée par les communications en-ligne, etc.

Des «socialiseurs alpha», si on veut.

C’est pas un groupe homogène, loi de là. Mais c’est un groupe qui a ses codes, comme tout groupe social. Certains individus enfreignent les règles et ils sont ostracisés, parfois sans le savoir.

Ce qui me permet de parler de courtoisie.

Un des trucs dont on parle beaucoup dans nos cours d’introduction, en anthropologie culturelle, c’est la diversité des normes de politesse à l’échelle humaine. Pas parce que c’est une partie essentielle de nos recherches, mais c’est souvent une façon assez efficace de faire comprendre des concepts de base à des gens qui n’ont pas (encore) de formation ethnographique ou de regard anthropologique. C’est encore plus efficace dans le cas d’étudiants qui ont déjà été formés dans une autre discipline et qui ont parfois tendance à ramener les concepts à leur expérience personnelle (ce qui, soit dit en passant, est souvent une bonne stratégie d’apprentissage quand elle est bien appliquée). L’idée de base, c’est qu’il n’y a pas d’«universal», de la politesse (malgré ce que disent Brown et Levinson). Il n’y a pas de règle universelle de politesse qui vaut pour l’ensemble de la population humaine, peu importe la distance temporelle ou culturelle. Chaque contexte culturel est bourré de règles de politesse, très souvent tacites, mais elles ne sont pas identiques d’un contexte à l’autre. Qui plus est, la même règle, énoncée de la même façon, a souvent des applications et des implications très différentes d’un contexte à l’autre. Donc, en contexte, il faut savoir se plier.

En classe, il y en a toujours pour essayer de trouver des exceptions à cette idée de base. Mais ça devient un petit jeu semi-compétitif plutôt qu’un réel processus de compréhension. D’après moi, ç’a un lien avec ce que les pédagogues anglophones appellent “Ways of Knowing”. Ce sont des gens qui croient encore qu’il n’existe qu’une vérité que le prof est en charge de dévoiler. Avec eux, il y a plusieurs étapes à franchir mais ils finissent parfois par passer à une compréhension plus souple de la réalité.

Donc, une fois qu’on peut travailler avec cette idée de base sur la non-universalité de règles de politesse spécifiques, on peut travailler avec des contextes dans lesquelles la politesse fonctionne. Et elle l’est fonctionnelle!

Mes «conseils d’ami» et mon «petit guide sur le contact social en-ligne» étaient à inscrire dans une telle optique. Mon erreur est de n’avoir pas assez décrit le contexte en question.

Si on pense à la notion de «blogosphère», on a déjà une idée du contexte. Pas des blogueurs isolés. Une sphère sociale qui est concentrée autour du blogue. Ces jours-ci, à part le blogue, il y a d’autres plates-formes à travers lesquelles les gens dont je parle entretiennent des rapports sociaux plus ou moins approfondis. Le micro-blogue comme Identi.ca et Twitter, par exemple. Mais aussi des réseaux sociaux comme Facebook ou même un service de signets sociaux comme Digg. C’est un «petit monde», mais c’est un groupe assez influent, puisqu’il lie entre eux beaucoup d’acteurs importants d’Internet. C’est un réseau tentaculaire, qui a sa présence dans divers milieux. C’est aussi, et c’est là que mes propos peuvent sembler particulièrement étranges, le «noyau d’Internet», en ce sens que ce sont des membres de ce groupe qui ont un certain contrôle sur plusieurs des choses qui se passent en-ligne. Pour utiliser une analogie qui date de l’ère nationale-industrielle (le siècle dernier), c’est un peu comme la «capitale» d’Internet. Ou, pour une analogie encore plus vieillotte, c’est la «Métropole» de l’Internet conçu comme Empire.

Donc, pour revenir à la courtoisie…

La spécificité culturelle du groupe dont je parle a créé des tas de trucs au cours des années, y compris ce qu’ils ont appelé la «Netiquette» (de «-net» pour «Internet» et «étiquette»). Ce qui peut contribuer à rendre mes propos difficiles à saisir pour ceux qui suivent une autre logique que la mienne, c’est que tout en citant (et apportant du support à) certaines composantes de cette étiquette, je la remets en contexte. Personnellement, je considère cette étiquette très valable dans le contexte qui nous préoccupe et j’affirme mon appartenance à un groupe socio-culturel précis qui fait partie de l’ensemble plus vaste auquel je fais référence. Mais je conserve mon approche ethnographique.

La Netiquette est si bien «internalisée» par certains qu’elles semblent provenir du sens commun (le «gros bon sens» dont je parlais hier). C’est d’ailleurs, d’après moi, ce qui explique certaines réactions très vives au bris d’étiquette: «comment peux-tu contrevenir à une règle aussi simple que celle de donner un titre clair à ton message?» (avec variantes plus insultantes). Comme j’ai tenté de l’expliquer en contexte semi-académique, une des bases du conflit en-ligne (la “flame war”), c’est la difficulté de se ressaisir après un bris de communication. Le bris de communication, on le tient pour acquis, il se produit de toutes façons. Mais c’est la façon de réétablir la communication qui change tout.

De la même façon, c’est pas tant le bris d’étiquette qui pose problème. Du moins, pas l’occasion spécifique de manquement à une règle précise. C’est la dynamique qui s’installe suite à de nombreux manquements aux «règles de base» de la vie sociale d’un groupe précis. L’effet immédiat, c’est le découpage du ‘Net en plus petites factions.

Et, personnellement, je trouve dommage ce fractionnement, cette balkanisation.

Qui plus est, c’est dans ce contexte que, malgré mon relativisme bien relatif, j’assigne le terme «éthique» à mon hédonisme. Pas une éthique absolue et rigide. Mais une orientation vers la bonne entente sociale.

Qu’on me comprenne bien (ça serait génial!), je me plains pas du comportement des gens, je ne jugent pas ceux qui se «comportent mal» ou qui enfreignent les règles de ce monde dans lequel je vis. Mais je trouve utile de parler de cette dynamique. Thérapeutique, même.

La raison spécifique qui m’a poussé à écrire ce billet, c’est que deux des commentaires que j’ai reçu suite à mes billets d’hier ont fait appel (probablement sans le vouloir) au «je fais comme ça me plaît et ça dérange personne». Là où je me sens presqu’obligé de dire quelque-chose, c’est que le «ça dérange personne» me semblerait plutôt myope dans un contexte où les gens ont divers liens entre eux. Désolé si ça choque, mais je me fais le devoir d’être honnête.

D’ailleurs, je crois que c’est la logique du «troll», ce personnage du ‘Net qui prend un «malin plaisir» à bousculer les gens sur les forums et les blogues. C’est aussi la logique du type macho qui se plaît à dire: «Je pince les fesses des filles. Dix-neuf fois sur 20, je reçois une baffe. Mais la vingtième, c’est la bonne». Personnellement, outre le fait que je sois féministe, j’ai pas tant de problèmes que ça avec cette idée quand il s’agit d’un contexte qui le permet (comme la France des années 1990, où j’ai souvent entendu ce genre de truc). Mais là où ça joue pas, d’après moi, c’est quand cette attitude est celle d’un individu qui se meut dans un contexte où ce genre de chose est très mal considéré (par exemple, le milieu cosmopolite contemporain en Amérique du Nord). Au niveau individuel, c’est peut-être pas si bête. Mais au niveau social, ça fait pas preuve d’un sens éthique très approfondi.

Pour revenir au «troll». Ce personnage quasi-mythique génère une ambiance très tendue, en-ligne. Individuellement, il peut facilement considérer qu’il est «dans son droit» et que ses actions n’ont que peu de conséquences négatives. Mais, ce qui se remarque facilement, c’est que ce même individu tolère mal le comportement des autres. Il se débat «comme un diable dans le bénitier», mais c’est souvent lui qui «sème le vent» et «récolte la tempête». Un forum sans «troll», c’est un milieu très agréable, “nurturing”. Mais il n’est besoin que d’un «troll» pour démolir l’atmosphère de bonne entente. Surtout si les autres membres du groupes réagissent trop fortement.

D’ailleurs, ça me fait penser à ceux qui envoient du pourriel et autres Plaies d’Internet. Ils ont exactement la logique du pinceur de femmes, mais menée à l’extrême. Si aussi peu que 0.01% des gens acceptent le message indésirable, ils pourront en tirer un certain profit à peu d’effort, peu importe ce qui affecte 99.99% des récipiendaires. Tant qu’il y aura des gens pour croire à leurs balivernes ou pour ouvrir des fichiers attachés provenant d’inconnus, ils auront peut-être raison à un niveau assez primaire («j’ai obtenu ce que je voulais sans me forcer»). Mais c’est la société au complet qui en souffre. Surtout quand on parle d’une société aussi diversifiée et complexe que celle qui vit en-ligne.

C’est intéressant de penser au fait que la culture en-ligne anglophone accorde une certaine place à la notion de «karma». Depuis une expression désignant une forme particulière de causalité à composante spirituelle, cette notion a pris, dans la culture geek, un acception spécifique liée au mérite relatif des propos tenus en-ligne, surtout sur le vénérable site Slashdot. Malgré le glissement de sens de causalité «mystique» à évaluation par les pairs, on peut lier les deux concepts dans une idée du comportement optimal pour la communication en-ligne: la courtoisie.

Les Anglophones ont tendance à se fier, sans les nommer ou même les connaître, aux maximes de Grice. J’ai beau percevoir qu’elles ne sont pas universelles, j’y vois un intérêt particulier dans le contexte autour duquel je tourne. L’idée de base, comme le diraient Wilson et Sperber, est que «tout acte de communication ostensive communique la présomption de sa propre pertinence optimale». Cette pertinence optimale est liée à un processus à la fois cognitif et communicatif qui fait appel à plusieurs des notions élaborées par Grice et par d’autres philosophes du langage. Dans le contexte qui m’intéresse, il y a une espèce de jeu entre deux orientations qui font appel à la même notion de pertinence: l’orientation individuelle («je m’exprime») souvent légaliste-réductive («j’ai bien le droit de m’exprimer») et l’orientation sociale («nous dialoguons») souvent éthique-idéaliste («le fait de dialoguer va sauver le monde»).

Aucun mystère sur mon orientation préférée…

Par contre, faut pas se leurrer: le fait d’être courtois, en-ligne, a aussi des effets positifs au niveau purement individuel. En étant courtois, on se permet très souvent d’obtenir de réels bénéfices, qui sont parfois financiers (c’est comme ça qu’on m’a payé un iPod touch). Je parle pas d’une causalité «cosmique» mais bien d’un processus précis par lequel la bonne entente génère directement une bonne ambiance.

Bon, évidemment, je semble postuler ma propre capacité à être courtois. Il m’arrive en fait très souvent de me faire désigner comme étant très (voire trop) courtois. C’est peut-être réaliste, comme description, même si certains ne sont peut-être pas d’accord.

À vous de décider.

Logging Language Attitudes

Language Log is one of my favourite blogs. Often thought-provoking, always thoughtful. It’s both academic and informal, diverse and unified.

Some recent posts caught my interest and they all have to do with attitudes toward language. Or, at least, I collect them all under the same heading (“What can I say? I was a linguistic anthropology major.”).

Now, I do have a number of things to say about each of these. But I guess I’ll use this as a placeholder for posts about language pedantry and other topics related to language ideology.

Sometimes, I wish Yaguello’s Catalogue were available in English. Luckily, Bauer and Trudgill’s Language Myths is.

Enthused Tech

Yesterday, I held a WiZiQ session on the use of online tech in higher education:

Enthusing Higher Education: Getting Universities and Colleges to Play with Online Tools and Services

Slideshare

(Full multimedia recording available here)

During the session, Nellie Deutsch shared the following link:

Diffusion of Innovations, by Everett Rogers (1995)

Haven’t read Rogers’s book but it sounds like a contextually easy to understand version of ideas which have been quite clear in Boasian disciplines (cultural anthropology, folkloristics, cultural ecology…) for a while. But, in this sometimes obsessive quest for innovation, it might in fact be useful to go back to basic ideas about the social mechanisms which can be observed in the adoption of new tools and techniques. It’s in fact the thinking behind this relatively recent blogpost of mine:

Technology Adoption and Active Reading

My emphasis during the WiZiQ session was on enthusiasm. I tend to think a lot about occasions in which, thinking about possibilities afforded technology relates to people getting “psyched up.” In a way, this is exactly how I can define myself as a tech enthusiast: I get easy psyched up in the context of discussions about technology.

What’s funny is that I’m no gadget freak. I don’t care about the tool. I just love to dream up possibilities. And I sincerely think that I’m not alone. We might even guess that a similar dream-induced excitement animates true gadget freaks, who must have the latest tool. Early adopters are a big part of geek culture and, though still small, geek culture is still a niche.

Because I know I’ll keep on talking about these things on other occasions, I can “leave it at that,” for now.

RERO‘s my battle cry.

TBC

Visualizing Touch Devices in Education

Took me a while before I watched this concept video about iPhone use on campus.

Connected: The Movie – Abilene Christian University

Sure, it’s a bit campy. Sure, some features aren’t available on the iPhone yet. But the basic concepts are pretty much what I had in mind.

Among things I like in the video:

  • The very notion of student empowerment runs at the centre of it.
  • Many of the class-related applications presented show an interest in the constructivist dimensions of learning.
  • Material is made available before class. Face-to-face time is for engaging in the material, not rehashing it.
  • The technology is presented as a way to ease the bureaucratic aspects of university life, relieving a burden on students (and, presumably, on everyone else involved).
  • The “iPhone as ID” concept is simple yet powerful, in context.
  • Social networks (namely Facebook and MySpace, in the video) are embedded in the campus experience.
  • Blended learning (called “hybrid” in the video) is conceived as an option, not as an obligation.
  • Use of the technology is specifically perceived as going beyond geek culture.
  • The scenarios (use cases) are quite realistic in terms of typical campus life in the United States.
  • While “getting an iPhone” is mentioned as a perk, it’s perfectly possible to imagine technology as a levelling factor with educational institutions, lowering some costs while raising the bar for pedagogical standards.
  • The shift from “eLearning” to “mLearning” is rather obvious.
  • ACU already does iTunes U.
  • The video is released under a Creative Commons license.

Of course, there are many directions things can go, from here. Not all of them are in line with the ACU dream scenario. But I’m quite hope judging from some apparently random facts: that Apple may sell iPhones through universities, that Apple has plans for iPhone use on campuses,  that many of the “enterprise features” of iPhone 2.0 could work in institutions of higher education, that the Steve Jobs keynote made several mentions of education, that Apple bundles iPod touch with Macs, that the OLPC XOXO is now conceived more as a touch handheld than as a laptop, that (although delayed) Google’s Android platform can participate in the same usage scenarios, and that browser-based computing apparently has a bright future.

Schools, Research, Relevance

The following was sent to the Moodle Lounge.

Business schools and research | Practically irrelevant? | Economist.com

My own reaction to this piece…
Well, well…
The title and the tone are, IMHO, rather inflammatory. For those who follow tech news, this could sound like a column by John C. Dvorak. The goal is probably to spark conversation about the goals of business schools. Only a cynic (rarely found in academia 😛 ) would say that they’re trying to increase readership. 😎

The article does raise important issues, although many of those have been tackled in the past. For instance, the tendency for educational institutions to look at the short-term gains of their “employees’ work” for their own programs instead of looking at the broader picture in terms of social and human gains. Simple rankings decreasing the diversity of programmes. Professors who care more about their careers than about their impact on the world. The search for “metrics” in scholarship (citation impact, patents-count, practical impact…). The quest for prestige. Reluctance to change. Etc.

This point could lead to something interesting:

AACSB justifies its stance by saying that it wants schools and faculty to play to their strengths, whether they be in pedagogy, in the research of practical applications, or in scholarly endeavour.

IMHO, it seems to lead to a view of educational institutions which does favour diversity. We need some schools which are really good at basic research. We need other schools (or other people at the same schools) to be really good ast creating learning environments. And some people should be able to do the typical goal-oriented “R&D” for very practical purposes, with business partners in mind. It takes all kinds. And because some people forget the necessity for diverse environments, it’s an important point to reassess.
The problem is, though, that the knee-jerk reaction apparently runs counter to the “diversity” argument. Possibly because of the AACSB’s own recommendations or maybe because of a difference of opinion, academics (and the anonymous Economist journalist) seem to understand the AACSB’s stance as meaning that all programs should be evaluated with the exact same criteria which give less room for basic research. Similar things have been done in the past and, AFAICT, basic research eventually makes a comeback, one way or the other. A move toward “practical outcomes” is often a stopgap measure in a “bearish” context.

To jump on the soapbox for a second. I personally do think that there should be more variety in academic careers, including in business schools. Those who do undertake basic research are as important as the others. But it might be ill-advised to require every faculty member at every school to have an impressive research résumé every single year. Those people whose “calling” it is to actually teach should have some space and should probably not be judged using the same criteria as those who perceive teaching as an obstacle in their research careers. This is not to say that teachers should do no research. But it does mean that requiring proof of excellence in research of everyone involved is a very efficient way to get both shoddy research and dispassionate teaching. In terms of practical implications for the world outside the Ivory Tower, often subsumed under the category of “Service,” there are more elements which should “count” than direct gain from a given project with a powerful business partner. (After all, there is more volatility in this context than in most academic endeavours.) IMHO, some people are doing more for their institutions by going “in the world” and getting people interested in learning than by working for a private sponsor. Not that private sponsors are unimportant. But one strength of academic institutions is that they can be neutral enough to withstand changes in the “market.”

Phew! 😉

Couldn’t help but notice that the article opens the door for qualitative and inductive research. Given the current trend in and toward ethnography, this kind of attitude could make it easier to “sell” ethnography to businesses.
What made me laugh in a discussion of video-based ethnographic observation is that they keep contrasting “ethnography” (at least, the method they use at EverydayLives) with “research.” 😀

The advantage of this distinction, though, in the context of this Economist piece, is that marketeers and other business-minded people might then see ethnography as an alternative for what is perceived as “practically irrelevant” research. 💡

Getting Things Done: Messy Edition

Recent book (authors Eric Abrahamson and David Freedman) on the possible benefits of not maintaining a strictly organised working space.

Have a Messy Desk? Congrats, Youre More Productive

Yet messy people are often cast in a negative light. In one study cited by [National Association of Professional Organizers], two-thirds of respondents believed workers with messy desks were seen as less career-driven than their neater colleagues.

Haven’t read the book and, as academics, we should probably be wary of “research findings” by NAPO or by Abrahamson and Freedman. But that Reuters piece does make some insightful points about people, like me, who find alternative ways to organise their lives.

As per the quote above, there is a stigma about us. At least, there is a stigma in the “general population.” There is plenty of stigmatisation of “messy people” in advertisement, among office workers, and in popular books. The whole “reflection of your inner self” ideology. “You can’t organise your life if your desk is cluttered.” “Clear your mind by putting things in neatly labeled boxes.” “You’ll never be able to finish any project if you have such a mess on your hands.”

But such a stigma is much less prevalent among academics or, even, among many members of the “geek crowd.” Those of us who handle most of our work-related material through computers (either on hard drives or online) know that it’s extremely easy to find information very quickly without the need of folder hierarchies. Hence Spotlight in Mac OS X and Google Desktop Search on Windows XP and Vista.

In my case, a messy desktop has often been my “workspace” while folders were mostly meant as archives. The same applies to my online accounts these days. Gmail as a centralised location for some of my important data. Browser tabs as “modes.” Search replacing “filing cabinets.” Outlining as a second step after note-taking/brainstorming.

Like many others, I have “a lot of things going on at the same time” and am solely responsible for all of these “projects.” Project management strategies typically make little sense to my individual work though they can work really well for collaboration with others. In other words, I need my “desk” to be messy so that I can do the kind of work I do well.

This all relates to Jess’s points about social bookmarking, of course. I’m also reminded of Edward T. Hall’s ideas about “polychronic time” in Dance of Life. As it so happens, DoL is one of the first books I have read that was written by an anthropologist. Hall has been known for a few things in the field of cultural anthropology (mostly to do with gestural behaviour) but he has always been something of a maverick. Not that I want to rehabilitate his work but I do think there’s some valuable insight to be found in this specific book. Hall has been one of relatively few anthropologists of the time to think about the perception of time, something which many people are doing now using Schutz has their basis. It might well be that a “polychronic time” may be quite compatible with the current tendency for a “multi-tasking mode,” among human beings. In such a mode, neat organisation may be less desirable.

The Big Zune Debacle

The device isn’t out yet but it’s generating a lot of negative reaction.

Partly based on this:

Zune Insider Blog: Answers to (some) of Your Zune Questions

“I made a song. I own it. How come, when I wirelessly send it to a girl I want to impress, the song has 3 days/3 plays?” Good question. There currently isn’t a way to sniff out what you are sending, so we wrap it all up in DRM. We can’t tell if you are sending a song from a known band or your own home recording so we default to the safety of encoding. And besides, she’ll come see you three days later.

Not to blame Cesar Menendez (Robert Scoble might have done the same thing), but the answer itself really shows that there is something missing in Microsoft’s understanding of music.

This post provoked a number of comments on the same blog and elsewhere:

Medialoper » Zune’s Big Innovation: Viral DRM

Boing Boing: Microsoft Zune will violate Creative Commons licenses

 Buzz Out Loud 314 Shownotes

As a more recent post answers several questions without even paying lip-service to the issue of Digital Rights Management, Microsoft gives the impression that it’s suddenly stonewalling:

Zune Insider Blog: Introducing, and Some More Q’s Answered
Having suffered from the over-restrictive DRM of Sony’s MiniDisc recorders, I think that DRM is one of the main reasons a device might succeed or fail in the consumer marketplace. The MiniDisc had the potential to be the ideal device for those who involve themselves in music (musicians, musickers, music lovers, music researchers…). But even music you recorded yourself was tagged as restricted and required a very expensive “professional” device to transfer digitally to another device, such a computer. Sony changed this only very recently and only for recordings made with current recorders.

In the Zune case, the wireless capabilities have been dreamed of years ago. As a musician, a researcher, and a lecturer, I would be delighted to be able to distribute my own content wirelessly. Just imagine: you record your own lecture, then you transfer it wirelessly to your students. Elegant, selective, seamless, intelligent, efficient. Lecturecasts at their finest. But if that content is to be crippled with an incredibly awkward DRM system, I would much rather use the much less efficient method of posting the audio file to a central server (possibly controlled), give instructions on how to retrieve the file, and wait until the next lecture to hear the complaints.

Of course, even if the Zune did not apply over-zealous DRM on my own content, I would still have to post the file. And one (who probably never taught) might think that the three days or three times restriction is perfectly reasonable for this use. But in terms of putting a product on the marketplace, one must get more insight than this.

It just shows that people at Microsoft sees their users as mere consumers of “content” and big media companies as “owners of content.” Yet the trend now is for “user-generated content,” “social networking,” “viral marketing,” and personal interactions through electronic devices.

Despite all of its flaws, the DRM on the iTunes Store (formerly iTunes Music Store) has imposed itself as a decent enough solution for a lot of people.

For Those Who Don't Grok Blogging

A friend sent me this link:

How to Dissuade Yourself from Becoming a Blogger – WikiHow
Cute, but not that insightful. Continue reading For Those Who Don't Grok Blogging

Blogging Tools

Been trying a few blogging tools on Mac OS X. Currently trying out ecto, posted the previous entry through MarsEdit, played around with Flock, downloaded MacJournal, Dossier, blogworkz, looked at pages for other tools (like Performancing).
Still haven’t found the ideal tool.
Would like the following features:

  • Free (as in beer) or really inexpensive.
  • Spell as you type through Cocoa Services or multi-lingual dictionaries.
  • WYSIWYG with a toggle for HTML.
  • On-the-fly categories and (technorati) tags.
  • Browser integration (Firefox, Safari, Flock).
  • Easily enter URLs from bookmarks and history.
  • Manage posts.
  • Batch application of categories and tags.
  • Basic outlining (move lines up/down, left/right).
  • Crossplatform (OSX/XP)
  • Statistics (wordcount, etc.)

At this point, ecto seems almost like a winner as it has most of these features. What’s missing, though, are the on-the-fly categories which WordPress.com has in its Web interface.

Another option would be to use Safari or another browser which does “spell as you type.” In fact, Cocoa Services available in Safari also include many interesting features, including text tools from Devon and integration with several applications. But the Scrapbook in Firefox is almost addictive and it doesn’t work in either Flock or Safari. (Flock doesn’t do spell as you type.)

Ah, well…

Technorati Tags: , , , , , , , , ,

Lectorat de blogue

Une réflexion qui date d’un certain temps mais cette liste (humouristique) de mensonges de blogueur (découverte grâce au podcast de Pointblog.com) me pousse à en faire un billet. Accorde-t-on de l’importance au lectorat de nos blogues?
Continue reading Lectorat de blogue